Marguerite Duras (4 avril 1914 – 3 mars 1996) est une écrivaine française. Marguerite Donnadieu, née à Gia Dinh, Indochine française (elle change de nom en 1943 pour celui d’un village de Lot-et-Garonne où se trouvait sa maison paternelle), a passé son enfance et son adolescence en Indochine, expérience qui l’a profondément marquée et a inspiré nombre d’images fortes de ses œuvres. Après ses études (mathématiques spéciales, licence de droit, sciences politiques), elle sera secrétaire au ministère des Colonies de 1935 à 1941. Elle épouse, en 1939, Robert Antelme. Ils ont un enfant, un garçon, qui meurt en 1942. La même année Marguerite Duras fait la connaissance de Dionys Mascolo qui devient son amant. Marguerite Duras et Robert Antelme entrent dans la Résistance. Leur groupe tombe dans un guet-apens, Marguerite Duras réussit à s’échapper aidée par François Mitterand mais Robert Antelme est arrêté et envoyé dans un camp, le 1er juin 1944. Elle adhère aussi au Parti communiste ; elle sera exclue de ce dernier en 1955. En 1945, malgré son désir de divorcer, elle reste avec son mari de retour du camp de Dachau, dans un piteux état, et le soigne. Elle raconte cet épisode dans La Douleur. Ils divorcent en 1946. Elle fut révélée par un roman d’inspiration autobiographique, Un barrage contre le Pacifique (1950). Ses œuvres ultérieures, qui mettent en scène, dans des récits minimaux, des personnages tentant d’échapper à la solitude, contribuèrent au renouvellement du genre romanesque. Elle a obtenu le prix Goncourt pour L’Amant (1984). Son œuvre littéraire compte une quarantaine de romans et une dizaine de pièces de théâtre. Marguerite Duras a également réalisé plusieurs films, parmi lesquels India Song et Les enfants. La vie de Duras est un roman, celui qu’elle n’a cessé d’écrire, une histoire de chaleur et de pluie d’orage, d’alcool et d’ennui, de parole et de silence, de désir fulgurant aussi. On peut s’interroger longuement sur sa personnalité – méchante ou douce, géniale ou narcissique (lire la biographie de Laure Adler, Marguerite Duras, 1998) -, il faut avant tout la croire quand elle dit : « Je suis un écrivain. Rien d’autre qui vaille la peine d’être retenu. » Quelqu’un qui dit la nécessité, la difficulté, la terreur de dire. Pour que le monde soit vivable, il faut exorciser les hantises mais l’écriture revient autant à cacher qu’à dévoiler. Alors, Duras tâtonne, se reprend, cherche le mot juste, « essaie » d’écrire, comme on essaie d’aimer, en sachant qu’on n’y arrivera jamais tout à fait. Ses romans s’ordonnent souvent autour d’une explosion centrale, un instantané de violence qui donne naissance au discours : Hiroshima et l’amour, la mort et le désir physique, symboliquement mêlés. « Détruire, dit-elle ». Et cette parole s’apparente à la musique : elle est ce qui revient toujours, comme la mer, variation infinie sur un thème, litanie et célébration, maîtrise et débordement… Marguerite Duras est morte le 3 mars 1996 à Paris. Elle est enterrée au cimetière du Montparnasse.


