VERSAILLES Sur le coup de 18 h aux côtés de Faudel, il regarde le grand écran. Et avouera, un peu plus tard, que derrière ses lunettes noires, ont perlé quelques larmes. Comme des millions de spectateurs et téléspectateurs de ce Live 8, Yannick Noah regardait et écoutait Will Smith, le comédien rappeur américain. Comme tant d’autres, Yannick Noah a claqué des doigts. Un enfant meurt toutes les trois secondes en Afrique… Un peu plus tard en début de soirée, maillot du Cameroun (blanc, liserés jaune-rouge-vert et tête de Lion indomptable sur le coeur), Yann est revenu la grande scène devant le château de Versailles.
Avec son complice Diziz la Peste, il a chanté Métisse – son nouveau tube déjà au sommet des hit-parades. Puis, avec deux autres chansons et son Zam Zam Group, il a emballé ce public versaillais. «Chanter devant autant de personnes, j’avais un peu le trac », reconnaît-il. Et puis, lui l’homme de convictions et d’engagements, il évoque sa présence à ce Live 8, version française. «Franchement, je ne pouvais pas rater cet événement. Plus qu’un devoir, ma présence à Versailles était une évidence. J’ai vécu le Live Aid en 1985 de près, Bob Geldof a inspiré beaucoup de gens. Beaucoup de sportifs aussi, même si Live Aid n’a duré qu’une année et était consacré à l’Ethiopie. Mais ce que Geldof avait fait alors m’a convaincu que moi aussi, je pouvais faire. Avec ma mère, on a monté les Enfants de la Terre, et aussi Fête le mur (NDLR : une association pour l’intégration par le tennis dans les zones défavorisées). Et là, en regardant cette foule à Versailles, je me dis qu’on a raison d’être venu: tous ces gens qui nous ont vus et applaudis ce samedi, on leur a sûrement fait prendre conscience qu’il y a un problème en Afrique. Qu’il faut se mobiliser, impulser un élan. Parce que la douleur, elle, n’a pas de couleur!»


