Sergueï Eisenstein


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02 déc 2005 à 10:31

Sergueï Mikhailovitch Eisenstein [en cyrillique : Сергей Михайлович Эйзенштейн, Sergueï Mikhaïlovitch Eïzenchteïn] (23 janvier 1898, Riga, Lettonie – 11 février 1948 Moscou, Russie, d’une attaque cardiaque) est l’un des plus grands réalisateurs russes. Le père d’Eisenstein, Mikhaïl Eisenstein, est ingénieur municipal de la ville de Riga, et exerce plus tard la même fonction à Petrograd. Il réalise de remarquables ensembles architecturaux dans le style « Art nouveau », en particulier à Riga. Sa mère déménage à Paris lorsqu’il a douze ans. Sergueï ne s’engage pas politiquement en octobre 1917 lors de la Révolution d’octobre. Il ne s’engagea que quand commence la guerre civile, en suivant le mouvement de ses condisciples de l’École des Beaux-Arts. La Russie nouvelle a besoin de propagandistes. Les artistes, notamment les caricaturistes, peuvent faire se rallier les masses illettrées au combat des Bolcheviks. Alors Eisenstein peint des bannières, des affiches sardoniques, sarcastiques, bien dans son humeur. Il est un pionnier dans l’utilisation de plusieurs techniques cinématographiques dont le montage des attractions qu’il explique dans de ses écrits théoriques qui eurent une grande influence dans l’histoire du cinéma. Dans ses premiers films, il n’utilise pas d’acteurs professionnels. Ses récits évitent les personnages individuels pour se concentrer sur des questions sociales notamment les conflits de classe. Les personnages sont stéréotypés et remplis par des gens non entraînés. Eisenstein est loyal envers les idéaux du communisme prônés par Joseph Staline. Ce dernier comprend très bien le pouvoir des films en tant qu’outils de propagande, et il considère Eisenstein comme une figure controversée. La popularité et l’influence d’Eisenstein fluctuent en fonction du succès de ses films. En 1925, il tourne le Cuirassé Potemkine. La célèbre scène de la poussette descendant l’escalier est filmée le 22 septembre à Odessa. C’est la commission, chargée par le Comité central du Parti communiste d’organiser le jubilé de la révolution manquée de 1905, et qui comprend dans ses rangs le commissaire du peuple à l’Instruction publique Lounatcharski et le peintre Malevitch, qui a désigné Eisenstein pour réaliser un film commémoratif. Faute de temps, le réalisateur ne pourra traiter la totalité des événements, mais seulement l’un d’entre eux, la mutinerie intervenue sur le cuirassé. Parfois, il n’obtient pas la reconnaissance pour son travail, par exemple pour le film Octobre : Dix jours qui secouèrent le monde pour le dixième anniversaire de la prise du pouvoir par les bolcheviks. Tout l’art de Sergueï Eisenstein s’exprime à travers ses montages uniques et l’utilisation de ce que les critiques nommeront « le cinéma-poing », forme d’expression s’opposant au « cinéma-œil » de Dziga Vertov. La force des montages, utilisés pour transmettre un message visuel fort au spectateur, constituent un grand apport au cinéma mondial : l’enchaînement des images crée un sens intrinsèque, notamment par l’utilisation de dominantes. Montage, rythmique, utilisation des couleurs (dans le dernier volet de son dernier film Ivan le terrible) mais surtout choix strict de la luminosité forment un nouveau langage cinématographique. En 1930, Paramount Pictures invite Eisenstein à Hollywood avec un contrat de cent mille dollars. Il arrive à New York le 20 mai et continue jusqu’en Californie. Paramount veut lui faire faire une version filmée sur la Tragédie américaine de Théodore Dreiser mais les désaccords à propos de la distribution l’amènent à partir en octobre. Josef von Sternberg finit le film. Eisenstein part au Mexique, où il essaye de produire un documentaire en partie dramatisé intitulé Que Viva Mexico!. Avant qu’il ne soit terminé, Staline exige qu’Eisenstein retourne en Union Soviétique. Eisenstein laisse les bobines non montées aux soins d’Upton Sinclair, principal financier du projet, qui doit les lkui faire suivre à Moscou. Mais les bobines ne furent jamais envoyées. En 1933 à New York, un premier montage est réalisé par Sol Lesser, sans intervention d’Eisenstein, et exploité sous le titre Tonnerre sur le Mexique. Depuis plusieurs versions ont été créées, plus ou moins proches des intentions initiales d’Eisenstein. Que Viva Mexico! est considéré pour cela comme un film maudit, bien que ce fut de son propre aveu son préféré. L’incursion en Occident rend Staline plus suspicieux à l’égard d’Eisenstein, méfiance qui gagne la nomenklatura. La bureaucratie impose l’annulation des deux projets suivants et un superviseur « officiel » lui est adjoint pendant la création d’Alexandre Nevski. Le film suivant sur Ivan le terrible a l’approbation de Staline pour la première partie, mais pas pour la seconde. La troisième, inachevée et réalisée au plus fort de la guerre contre les nazis, est confisquée et en partie détruite. Contrairement aux deux précédentes, elle dispose de scènes en couleurs (la fête finale), grâce à une récupération de pellicule Agfacolor allemande après la chute de Stalingrad. Eisenstein meurt à la suite d’une hémorragie. Une légende prétend que son cerveau fut conservé et qu’il était beaucoup plus gros que celui d’un humain ordinaire, alimentant le mythe du génie du cinéma qu’il a pu incarner.

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